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  • Publication : 30 07 2009
  • Catégorie :La recherche médicale et génétique

La moelle épinière enfin à portée de thérapie génique    

L’un des défis majeurs de la thérapie génique pour les maladies neurodégénératives — des maladies à évolution progressive qui affectent le système nerveux — réside dans l’apport du gène thérapeutique jusqu’aux motoneurones et à la moelle épinière. Grâce aux travaux de Martine Barkats et de ses collègues de l’équipe Biothérapie des maladies du système neuromusculaire de l’Institut de Myologie (Paris) (1) cet obstacle est en passe d’être surmonté.

Martine Barkats et ses collaborateurs viennent de montrer qu’un vecteur (2) de type AAV, en l’occurrence AAV9 « double-brin », est capable de transduire le système nerveux central (SNC) (cerveau et moelle épinière) de la souris adulte après injection intravasculaire, ceci probablement en partie par le franchissement de la barrière hématoencéphalique qui isole le SNC de la circulation sanguine (3).

De plus, ces chercheurs ont validé cette méthode chez le chat adulte en collaboration avec l’U649 de l’INSERM dirigée par Philippe Moullier à Nantes et l’Ecole Vétérinaire de Nantes. Pour suivre le transfert de gène dans le SNC, les chercheurs ont doté le vecteur d’un transgène rapporteur fluorescent, puis l’ont injecté dans la circulation sanguine de souris et de chats adultes modèles de l’amyotrophie spinale, une maladie neuromusculaire. Ils ont alors pu constater la présence du transgène rapporteur dans les neurones moteurs et la moelle épinière des animaux. En outre, ce gène s’est exprimé au moins 5 mois chez les souris, ceci sans perturbation artificielle de la barrière hémato encéphalique.

Ces résultats sont très encourageants pour le développement futur de traitements par thérapie génique de nombreuses maladies, dont l’amyotrophie spinale, la sclérose latérale amyotrophique ou encore les pathologies lysosomales.
Cependant, afin d’envisager l’utilisation de ce vecteur chez l’Homme, il s’agit maintenant pour les chercheurs de l’adapter en fonction des cellules qu’il devra traiter. Par exemple, si le traitement ne s’adresse qu’aux motoneurones, il faudra doter le vecteur d’un promoteur — sorte d’interrupteur — qui déclenchera l’expression du gène thérapeutique uniquement dans ces cellules. En revanche, si l’ensemble des cellules de l’organisme doit être corrigé, le promoteur pourra être ubiquitaire, c'est-à-dire efficace pour tous les types cellulaires.

(1) Institut de Myologie, UMRS974 INSERM-UPMC-CNRS-AIM, Paris, France/CNRS FRE 3087, Généthon
(2) Virus chargé d’apporter le gène thérapeutique au coeur
(3) Intravenous Administration of Self-complementary AAV9 Enables Transgene Delivery to Adult Motor Neurons, Molecular Therapy, 14 avril 2009, publié en ligne.

Source : ici