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  • Publication : 04 06 2016
  • Catégorie :La presse

Éric Bussières retrouve peu à peu sa liberté    

TÉMOIGNAGE. Depuis le 20 mai, Éric Bussières peut maintenant boire et manger seul, saisir et récupérer des objets et communiquer plus facilement avec ses proches. Des gestes simples, mais qui changeront sans aucun doute le quotidien du Verchèrois qui, déjà après quelques jours, a apprivoisé son bras robotisé, arrivant à se servir seul un café; une première depuis plusieurs années aux dires du principal intéressé.

Photo Eric Bussières

«Je n'ai eu aucun problème à apprendre à le faire fonctionner et le manier. Depuis vendredi, je vois vraiment une amélioration constante. Déjà, j'ai commencé à boire mon café sans paille et sans faire de dégât», souligne-t-il avec fierté.

 

Éric Bussière en quête d'autonomie from Fond. le Pont vers l'Autonomie .

 

Éric Bussières est atteint d'une maladie neuromusculaire évolutive, l'amyotrophie spinale de type 2. Depuis près d'une dizaine d'années, il n'a plus aucune force dans ses deux bras, ce qui avait considérablement réduit son autonomie.

«Mes bras ne fonctionnent pas, alors le bras robotisé me permet d'avoir des possibilités infinies pour accroître mon autonomie. Ce sont des choses toutes simples, mais avec le bras, ça fait vraiment une différence au quotidien», confie Éric Bussières.

50 000$ qui change tout

:En décembre dernier, la fondation Le pont vers l'Autonomie l'a pris sous son aile et a bâti une campagne de financement pour réussir à amasser les 50 000$ requis pour l'achat d'un bras robotisé JACO. La campagne de financement s'est tellement bien déroulée qu'Éric Buissières a reçu son bras plus d'un mois avant la date d'échéance fixée.

«Nous avons installé le bras vendredi, avant la remise officielle, pour que les donateurs voient vraiment ce à quoi ils ont contribué. C'était vraiment incroyable de voir Éric si enjoué, avec un beau grand sourire. En plu, il a déjà un bon contrôle du bras robotisé», explique le président fondateur de l'organisme, Samuel Fleurent-Beauchemin.
 

Ayant lui-même vécu avec un frère souffrant d'une amyotrophie spinale, Samuel Fleurent-Beauchemin souhaite donner la chance au plus grand nombre de personnes vivant avec des limitations physiques sévères de se procurer un bras robotisé.

Jusqu'à maintenant, la fondation en a déjà remis huit, dont quatre cette année. D'ici la fin de 2016, le président fondateur souhaite être en mesure d'en remettre quatre autres.

Donner au suivant

Tellement reconnaissant envers la fondation, Éric Bussières a l'intention de continuer à s'impliquer dans les campagnes de financement, même s'il a déjà obtenu l'objet tant convoité.

«C'est certain que je veux continuer à travailler avec Samuel et développer plein de projets avec lui pour aider d'autres personnes dans ma situation, raconte-t-il. L'avenir s'annonce extrêmement bien pour la fondation!»

Aux dires du président fondateur, encore de nombreuses personnes souhaitent obtenir le bras robotisé, et ce n'est pas demain la veille qu'il compte arrêter de les soutenir.

«Éventuellement, nous aimerions développer d'autres services connexes, mais pour l'instant nous nous concentrons à bien structurer notre programme de prêt de bras robotisé et en acheter le plus possible», conclut le jeune homme de Victoriaville.

En route vers les Jeux paralympiques

En septembre, Éric Bussières réalisera un grand rêve: celui de participer aux Jeux paralympiques. Le jeune homme de 29 ans prendra part aux compétitions de boccia, un jeu de précision semblable au boulingrin qui exige une concentration intense. Il s'agit vraisemblablement du premier athlète de Verchères à prendre part aux Jeux paralympiques.

Même si le bras robotisé n'est pas admis sur le terrain de jeu, Éric croit tout de même qu'il permettra à sa partenaire de jeu, sa mère, d'être plus reposée et concentrée lors des compétitions.

«Je ne peux pas l'utiliser sur le terrain, mais hors du terrain, ça devrait me permettre d'accomplir plus de choses et ça va certainement donner un break à ma mère, qui est aussi ma partenaire de jeu. Ça va lui permettre d'être plus performante!», croit-il.

Depuis plusieurs mois, Éric s'investit à fond dans les préparatifs et l'entraînement. Même s'il ne veut pas se créer des attentes trop élevées, comme tous les athlètes, il espère monter sur le podium à Rio.

«Je suis conscient que j'ai encore à apprendre, explique-t-il. En allant là-bas, je sais que j'aurai la chance d'apprendre des meilleurs.»

Source : ici